Aboudia, le ‘’noussi‘’au pinceau magique

 Aboudia, le ‘’noussi‘’au pinceau magique



Son nom tonne et résonne. Son coup de pinceau séduit de plus en plus à l’international. Il expose dans les galeries  à New York, Paris et Londres. Lui, c’est Aboudia, un jeune artiste-peintre Ivoirien basé aux Etats Unis. Même en vacances à Abidjan en ce début d’année, il n’a pas un temps pour lui, dans sa résidence à Bingerville où il reçoit des collectionneurs à longueur de journées. Comme ces membres d’une famille présidentielle d’un pays de l’Afrique de l’ouest venus lui acheter des tableaux il y a quelques jours.Son nom tonne et résonne. Son coup de pinceau séduit de plus en plus à l’international. Il expose dans les galeries  à New York, Paris et Londres. Lui, c’est Aboudia, un jeune artiste-peintre Ivoirien basé aux Etats Unis. Même en vacances à Abidjan en ce début d’année, il n’a pas un temps pour lui, dans sa résidence à Bingerville où il reçoit des collectionneurs à longueur de journées. Comme ces membres d’une famille présidentielle d’un pays de l’Afrique de l’ouest venus lui acheter des tableaux il y a quelques jours.

C’est ainsi chaque fois qu’Abdoulaye Diarrassouba alias Aboudia basé à New York, est de passage à Abidjan. Et depuis sa première exposition dénommée ‘’Mogo Dynastie’’ en 2007 à la Galerie Fakhoury à Abidjan-Cocody. Il accueille du beau monde dans son atelier. ‘’Ça a été le coup de foudre, le flash, les gens ont tout de suite aimés les œuvres d’Aboudia et se bousculaient autour de lui’’, se souvient le professeur Yacouba Konaté, célèbre critique d’art et DG du MASA.

Cette exposition s’inspirait essentiellement des dures réalités des quartiers populaires d’Abidjan comme Treichville, Adjamé, Abobo et de la vie des enfants de la rue, des noussi et des bras môgôs qui luttent chaque jour pour vivre ou survivre. Ses tableaux en noir et blanc, parfois très colorés, sont faits de têtes d’hommes aux longues dents, de crânes nus et de robots, accompagnés de textes  en argot ivoirien. « J’ai côtoyé très jeune ces réalités, j’ai connu la culture noussi comme bon nombre d’ivoiriens et je les rapporte en tant qu’artiste aujourd’hui », rappelle Aboudia.

Mais ce sont surtout les tableaux grandeur nature (jusqu’à deux mètres sur quatre) du natif d’Abengourou, consacrés à la guerre d’Abidjan (2010-2011) qu’il a peints dans son atelier en pleine bataille, qui lui ouvriront véritablement les portes des galeries européennes, américaines et le succès international. ‘’A Londres, la prestigieuse galerie Saatchi a acheté plusieurs de mes toiles. J’ai exposé à Paris, en Afrique du Sud, un peu partout et les gens ont vraiment aimés…’’, raconte avec un brin de fierté, le nouvel ambassadeur de la peinture ivoirienne sur les cimaises internationales. Et il y a de quoi ! Car à ses débuts, ça n’a pas été du tout facile  pour celui que les amateurs d’art sculptural et visuel comparent aujourd’hui au peintre américain Jean Michel Basquiat (1960-1988). Pour sa précocité et son style pictural inspiré de la rue chaude et turbulente. ‘’On me disait : qu’est-ce que tu fais ? C’est nul, on ne peut pas le vendre, on ne peut pas t’exposer’’, se souvient Aboudia.

De 2007 à 2019, les choses ont bien changé. La persévérance et le travail ont payé. Le transfuge du collège artistique d’Abengourou, du lycée artistique de Bingerville et de l’INSAAC d’Abidjan a changé de statut et de stature. Le « noussi » de la peinture ivoirienne a évolué et évolue dorénavant dans la cours des grands. Le Professeur Yacouba Konaté qui l’a découvert et couvé à ses débuts ne s’y était  pas trompé. ‘’Ce sera un grand nom de la peinture’’, lâche tout simplement l’Allemand Stefan Meisel, manager d’Aboudia. Et dire que le jeune artiste peintre n’a que la trentaine. L’avenir lui appartient !

Patrick Bouyé

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